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La Dualité selon Balmain
Les trente modèles de la collection automne-hiver 2007 de Balmain ont été dévoilés dans le cadre somptueux du Grand Hôtel, sous un immense lustre et dans un salon couvert de dorures et d’ornements. La nouvelle génération de mannequins-stars, Mariacarla Boscono, Daria Werbowy et Gemma Ward en tête, a arboré les tenues créées par Christophe Decarnin. Le choix même du lieu de présentation, au baroque assumé et donc en opposition avec l’esprit épuré du défilé, renforce la thématique de la dualité.
Dualité des structures, puisque les formes amples succèdent aux découpes parfaitement ajustées.
Dualité des couleurs, de par la relative sobriété des tons choisis. A dominante noire et blanche, la collection met plus particulièrement en valeur les pièces dorées et les tissus choisis.
Dualité des matières, puisque la fourrure côtoie le coton le plus fin. De la même manière, la brillance du satin et de la soie est brutalement confrontée à la simplicité du coton d’un débardeur ou à l’opacité d’un costume. Une collection en apparence dépouillée et manichéenne donc, mais en réalité riche en détails, tels ces boutons-bijoux ou ces pierreries brodées sur les vêtements. Une grande attention a également été accordée aux liens qui resserrent délicatement les créations : ceintures et tours de cou façon chaînes, attaches en forme de cordelette tressée, manches bouffantes qui se referment étroitement sur les poignets. Le thème plusieurs fois répété des lauriers tressés, ainsi que les motifs floraux, créent par ailleurs une cohérence et une unité dans la collection.
Dualité des époques enfin, car les pièces les plus contemporaines semblent narguer celles chargées de références historiques, qui empruntent tout à la fois à l’Antiquité, à travers des drapés et des plissages caractéristiques, et à la Renaissance, à l’instar de ces manches bouffantes et de ces fraises autour du cou ou apposées sur la poitrine.
Cependant, les trous appliqués aux vêtements à la manière de brûlures de cigarettes, témoignent bel et bien du caractère profondément contemporain de Balmain, et sont autant de clins d’œil qui contribuent à la désacralisation de la mode.
Adeline Glibota |